Lettre ouverte aux parents de Michelet et des autres collèges de la métropole touchés par le projet « mixité » du conseil départemental.

Texte en PDF : parents michelet

Bonjour,

Nous sommes des parents du quartier de la Reynerie, premier touché par le plan « mixité » du conseil départemental. Nous savons que le projet est relancé cette année pour le second collège du Mirail, le collège Bellefontaine. Nous avons pensé que, en tant que parents des futurs collèges receveurs, vous aimeriez peut-être avoir des informations précises et des éléments de bilan venant directement de parents du Mirail.

Tout d’abord, nous tenons à vous informer que ce projet n’a pas reçu et ne reçoit encore pas l’approbation de tous les parents concernés, loin de là. Dès le début, nous avons dit que c’était un projet précipité et irréfléchi, et les fait tendent à nous donner raison :

Alors que la population scolaire de la métropole explose, le conseil départemental décide, sous prétexte de mixité sociale, de supprimer les 2 plus gros collèges REP+ de Toulouse. (450 et 430 élèves). Aujourd’hui, les écoles primaires de Reynerie sont bondées. Pour exemple, il y avait 18 élèves concernés par le projet à l’école Daurat en 2017/18, et 50 à la rentrée 2018. A Galia, on est passés de 36 élèves à 52, à Faucher de 47 à 63… et ça continue à augmenter, comme partout à Toulouse. En 2015 et 2016, le collège de Reynerie refusait dèjà des élèves en 6°. Entre Reynerie et Bellefontaine, ça va faire plus de 500 élèves de 6° à absorber par les collèges receveurs à la rentrée prochaine, quasiment la taille du collège prévu en remplacement de Badiou (600 élèves). Or, partout dans l’agglo, les collèges poussent les murs, les classes sont à 30.

Cela a bien sûr pour effet mécanique d’accroitre la surpopulation des collèges receveurs, mais aussi par ricochet, celles de tous les autres collèges : Pour pouvoir recevoir les cohortes de Reynerie, et bientôt celles de Bellefontaine, il faut faire de la place et donc modifier la carte scolaire.

On marche sur la tête : alors que les enfants ont un collège à proximité de chez eux, ils doivent se rendre ailleurs. C’est la suppression du principe de service public de proximité  et la porte ouverte à l’arbitraire total.

Quant aux collèges de remplacement, ils sont annoncés officiellement pour 2021 et 2023, mais à ce jour, malgré de nombreuses demandes, nous n’avons aucune certitude (et plutôt de sérieux doutes) concernant ces dates, ni même la preuve que le terrain est bien acheté. Tout ce que nous savons, c’est que le futur collège, destiné en priorité aux élèves du quartier St Simon ne sera pas REP+ et n’accueillera qu’une partie des élèves du quartier Reynerie. ( 35 % maximum). Où iront les autres ?

Dès le début, il a été évident qu’il s’agissait de mener une expérimentation hasardeuse supposée renforcer le prestige du Conseil départemental en utisant les enfants comme des cobayes. Rien n’a été prévu ni pensé réellement  et à ce jour, malgré des demandes répétées de notre part, nous n’avons aucun retour sérieux du Conseil départemental et du rectorat sur la première année de cette expérimentation, si ce n’est des déclarations du type « ça se passe bien », ou « on ne pourra pas faire d’évaluation avant 4 ans. »

Pour notre part, nous constatons :

  • que le déplacement des enfants dans des collèges éloignés engendre une fatigue importante, avec de très longues journées, les prive d’activités sportives ou culturelles après l’école, et pose problème pour le suivi médical ou orthophonique ;

  • que les conditions d’enseignement ne sont pas meilleures qu’au collège Badiou, et sont mêmes moins bonnes : en effet, Badiou est un collège REP+, où les classes sont à 24 maximum, où les élèves bénéficient d’un projet d’établissement adapté, d’un encadrement renforcé, de soutien scolaire spécifique, d’équipes pédagogique, sociale et médicale pouvant répondre à leurs problèmes particuliers, etc…. Or dans les collèges receveurs, si les 6° étaient à 24 l’an dernier, les 5° cette année sont à 30, et les difficultés de certains enfants non traitées. Quoi qu’en ait dit le rectorat pour justifier le projet, les bons élèves réussissaient à Badiou comme ils réussissent ailleurs,(voir les témoignages sur Facebook) et les élèves en difficulté y progressaient et arrivaient à s’en sortir.

  • Nous craignons beaucoup pour tous les enfants en grande difficulté à la sortie de l’école élémentaire. Nous savons déjà que certains ont été réorientés, d’autres ont été retirés par leurs parents pour un autre collège REP+ et d’autres encore sont en souffrance.

Cette année encore, beaucoup de parents ont demandé des dérogations pour des collèges plus proches. En effet, pour nous, ce projet rend les choses encore plus difficiles. Nous courons tout le temps et ne pouvons pas jouer notre rôle de parents comme on peut le faire quand on a le collège à côté, surtout qu’il ne nous est pas toujours facile de nous déplacer.

Nous vous le disons, ce projet ne sert en rien les intérêts des enfants. C’est une expérimentation extrêmement hasardeuse, où les enfants sont utilisés comme des cobayes, et nous les parents sommes méprisés. Le conseil départemental a eu une communication mensongère, et a imposé son projet contre notre avis à nous, parents concernés, en s’appuyant sur des associations qui ne nous représentent pas et en basant son projet sur des analyses dignes d’un journal à sensation (M. Meric prétend quand même « sauver la république » avec ce projet !) et sur une totale méconnaissance de notre vie et de nos aspirations.

Notre opposition n’a rien de communautaire ou religieux, comme le sous-entend le Conseil départemental. Nous voulons simplement, comme tous les parents, avoir la maîtrise de leur scolarité, et comme tous les parents, nous voulons le mieux pour eux. Comme les vôtres, nos enfants rencontrent des enfants d’autres milieux, d’autres cultures, par le sport, par les activités culturelles, par l’école…On n’a pas attendu le conseil départemental pour ça . Au collège Badiou, les enfants vont en voyage scolaire à l’étranger, où ils dorment chez l’habitant (en Ecosse l’an dernier, en Espagne cette année), ils participent à l’opération Télémaque, ils échangent avec d’autres collégiens lors de projets culturels, ils visitent des expositions, ils participent à des projets scientifiques, ils gagnent des concours, et sont félicités par l’Inspecteur d’Académie (le même 2 mois plus tôt parlait de Badiou comme du « collège de l’échec »). La seule option propre à Badiou, l’option foot, attirait des élèves d’autres secteurs, et marchait si bien qu’une option foot féminin avait ouvert.

Tout ça a été balayé par le projet. Au lieu de chercher comment faire pour ouvrir davantage le collège et le rendre plus attractif, c’est la solution de facilité apparente qui a été retenue, on le casse, sans se soucier des dommages sur les enfants, et on essaie autre chose ailleurs

Aujourd’hui encore, nous demandons un moratoire sur la mise en œuvre de ce projet, et pas de fermeture tant que le collège de remplacement n’est pas construit. Nous proposons de réfléchir ensemble à des pistes pour favoriser l’ouverture et la rencontre entre élèves issus de divers quartiers de Toulouse, tout en permettant à chaque famille de bénéficier du service public de proximité auquel elle a droit.

N’hésitez pas à diffuser ce texte autour de vous, à en discuter, à nous contacter. Si vous le souhaitez, nous serions heureux de vous rencontrer pour partager notre expérience et voir comment nous opposer ensemble à ce projet imposé.

Bien cordialement

L’Assemblee parents/enseignants/habitants

parentsprofshabitants@gmail.com

PS : Vous trouverez de nombreux documents

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