FACE AU MEPRIS, NOUS AVONS DECIDE ET FAIT NOUS-MEMES

Texte en PDF : pour grève 5 fevr

Ce texte va être diffusé à la manifestation du 5 février (jour d’appel à la grève).

Nous sommes des parents, des enseignants, des habitants du quartier Reynerie au Mirail. On se reconnaîtdans la volonté de beaucoup de gens qui sont gilets jaunes de dire :« Stop au mépris! Vous n’avez pas à nous dicter notre vie, parce que vous ne la connaissez pas. On est là, on existe, on n’est pas ce que vous dites de nous, on n’est pas ce que vous pensez de nous, on est vos égaux. On sait aussi ce qui est bien pour nous, on est capables de penser par nous-mêmes et on est capables de dire ce qu’on pense et ce qu’on veut pour tout le monde.» On s’y reconnaît parce qu’on l’a vécu, parce que ce mépris des élus, des experts, des « responsables » politiques ou autres, on l’a pris en plein visage, et pas une fois, mais des dizaines de fois, et sur un sujet qui nous touche au cœur : nos enfants.

Sur le mépris:

En 2016/2017 le Conseil Départemental et le rectorat ont décidé, contre l’avis d’un grand nombre des parents, de fermer notrecollège et d‘envoyerles enfants du quartieren 6° dans des collèges éloignés dits favorisés, soit-disant pour améliorer leur réussite scolaire, et favoriser la mixité sociale. Les mots employés pour justifier le projet: «bombes à retardement », « cocottes-minutes» pour parler de nos enfants, « collège de l’échec» pour parler des collégiens et de leurs enseignants, « catégories socioprofessionnelles défavorisées » , « échec» pour parler des parents… c’était des insultes. On a dit notre désaccord,on a expliqué pourquoi on voulait garder un collège public de proximité, on a demandé d’attendre la construction du nouveau collège pour fermer l’ancien, on a demandé le choix pour les parents d’envoyer leur enfant dans le collège du plan mixité ou le mettre dans le collège du quartier, on a fait des pétitions, des manifestations, des réunions…

Leurs réponses : « c’est comme ça, on a décidé» « les enfants apprendront mieux dans des collèges du centre ville ». C’est pour ça qu’un grand mot d’ordre de nos manifestations était: « Le mépris ça suffit ! »

Sur la représentation:

* On a vu les élus du Conseilpartementalqui disent blanc un jour (« pas question de fermer le collège »)et noir le lendemain (« c’est un projet formidable »). Le CD qui enlève 2 collèges (Reynerie et Bellefontaine) à un quartier de 18 000 habitants, et se prétend ensuite le champion des services publics de proximité !

* On a vu les parents d’élèves d’une grande fédération nationale faire une réunion où tous les parents se prononcent contre le projet et voter pour en faisant croire que c’était la volonté des parents !

* On a vu un syndicat d’enseignants du primaire organiser une pétition pour soutenir le projet de suppression du collège classé REP+ etse présentercomme les grands défenseurs des réseaux d’éducation prioritaire !

Comment on a pu faire face et trouver la force de résister à tout ça :

*On a décidé que, nous, gens ordinaires et concernés, on était qualifiés pour savoir ce qui est bien pour nos enfants et les enfants du quartier, davantage que les soi-disant experts du ministère et du CD.

*On s’est réunis en uneAssemblée de parents, d’enseignants et d’habitants,parce que la question de l’école nous concerne tous, gens différents mais unis par notre souci des enfants, et parnotre volonté de dire notre point de vue, de le faire connaître et depratiquerune véritable mixité, basée sur le respect et la recherche des droits pour tous.

*On a refusé les représentants, les porte-paroles, les chefs… Chacune et chacun parle en son nom,on discute jusqu’à se mettre d’accord et on décide ensemble. Comme ça, on crée la confiance, en soi et dans les autres. Comme ça, face au mépris, chacun existe, chacun impose sa dignité. Ensemble, nous obligeons les autorités à tenir compte de nous, de notre avis, même si c’est dur, même si ça nécessite un engagement au long cours, même s’il faut se battre pour regagner chaque droit remis en question.

Nous avons beaucoup appris, et nous savons que si l’on veut être compté, si l’on veut exister, il faut non pas chercher un représentant, quelqu’un fera à notre place, mais oser se présenter soi-même, oser dire ce qu’on pense personnellement, confronter ses idées avec celles des autres, dire ce qu’on veut, et intervenir dans les situations à partir de là.

Si on veut être compté, il faut que chacun soit compté,on doit forcément réfléchir pour l’intérêt de tout le monde, sans exclusive, chercher l’entente entre les gens et combattre les idées et les propos porteurs de mépris et de haine.

L’Assemblée Parents – Enseignants – Habitants

Toulouse, le 3/02/19

 

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